Le 28 août, les élèves Métis du campus de Paris, première année et deuxième année confondus, ont été invités par Nicolas Benvegnu à une promenade scientifique autour de l’Observatoire de Paris. Le but de ces promenades animées par le responsable de nos doubles cursus est de découvrir l’histoire d’un quartier sur le plan scientifique et sur le plan politique. L’objectif en ce début d’année scolaire était aussi de rencontrer de nouveaux élèves Métis et de discuter entre nous pour mieux nous connaître.
La promenade a débuté sur le boulevard Arago, où Nicolas Benvegnu nous a parlé de François Arago, qui était un astronome, physicien et homme politique français. Nous avons commencé par nous arrêter devant le piédestal de sa statue sur le boulevard. La statue elle-même a été déboulonnée par les Allemands en 1942 pour être fondue et retransformée en armes. Arago a été directeur de l’Observatoire de 1843 à sa mort, dix ans après. Il a beaucoup travaillé sur la cartographie du méridien de Paris, c’est pourquoi on peut trouver 135 médaillons portant son nom sur le tracé du méridien dans la ville.

Notre guide a aussi relevé le fait qu’il donnait notamment un cours « d’astronomie populaire », c’est-à-dire un cours de vulgarisation de l’astronomie, accessible à tous.

De l’autre côté de l’observatoire, nous nous sommes arrêtés devant la statue d’Urbain Le Verrier. Il s’agit d’un autre astronome, qui a notamment découvert Neptune en 1846, car il a remarqué des irrégularités dans la trajectoire d’Uranus. Sa découverte témoigne d’un tournant dans l’histoire de la physique, puisqu’elle correspond au moment où on a commencé à deviner des phénomènes scientifiques avant de les voir.
Lorsque Urbain Le Verrier est nommé directeur de l’Observatoire en 1854, il prend le contrepied politique de son prédécesseur. Monsieur Benvegnu nous a montré à quel point l’histoire de l’Observatoire de Paris mêle sciences et politique, ce qui la rend très intéressante pour nos double cursus.
Nous avons ensuite parlé de la mesure du Méridien de Paris effectuée par Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, pour établir la taille exacte du mètre. Cette unité de mesure, qui est aujourd’hui la plus utilisée, représente en effet le dix-millionième du quart du Méridien de Paris. Pour fixer sa taille, les deux astronomes ont mesuré le méridien entre Dunkerque et Barcelone entre 1792 et 1798, grâce à la méthode de la triangulation. Nicolas Benvegnu nous a raconté l’histoire de leur expédition à travers la France, et des obstacles rencontrés. Il a aussi souligné l’importance du rôle joué par la femme de Méchain, Barbe Thérèse Marjou, dans le travail de l’astronome lorsque celui-ci a perdu la raison à cause des imprécisions de ses mesures. Il a mesuré le méridien deux fois, pour trouver deux résultats différents. On lui a dit de choisir l’un des deux, et il s’avère qu’on a choisi le mauvais ! Le mètre actuel n’est donc pas exactement un dix-millionième du quart de Méridien de Paris.
Voilà comment s’est déroulée cette deuxième promenade scientifique, qui nous a fait découvrir de nombreuses facettes de l’Observatoire de Paris et de ses figures importantes, tant sur le plan scientifique que social. La ville et son histoire mêlent souvent ces deux types de sciences, ce qui en fait pour nous un espace d’apprentissage, de découverte et de partage.
Marie Potier, IPGP 20-24
Photographies par Clémence Pautrat, IPGP 20-24


