Women in Science – Reims

3–4 minutes

Seriez-vous capable de citer un nom de femme scientifique reconnue mondialement pour ses travaux ? À part Marie Curie ? Pour la grande majorité d’entre nous, c’est tâche impossible. Pourtant, les femmes de science ne manquent pas ! Rosalind Franklin, Jocelyn Bell, Mileva Einstein, Emmanuelle Charpentier, … Autant de femmes dont les découvertes ont permis de réelles avancées scientifiques, mais que l’histoire a décidé de passer sous silence …

Le 11 février 2022, à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, les étudiant.e.s du double-diplôme interdisciplinaire “Environnement et Sociétés durables” sur le campus de Reims ont décidé de sortir ces femmes de l’ombre ! Entre exposition, conférence et interviews, nous avons voulu sensibiliser les sciencespistes rémois à cette problématique sociale majeure qui est flagrante dans le monde des sciences dures, un monde qui leur est, pour la plupart, éloigné.

En salle des Actes trônait, aux côtés du fameux kakémono Scubasc, une exposition permettant d’analyser et d’exemplifier la place (quasi inexistante) accordée aux femmes et aux filles dans le milieu scientifique. 

Quelques exemples :

Saviez-vous que pendant longtemps, l’homme de 70 kg a été utilisé comme référence pour les essais cliniques de médicaments ? Laissant les femmes subir les effets indésirables de ces traitements inadaptés.

Connaissez-vous la théorie qui a été élaborée pour qualifier les innombrables fois où des hommes se sont approprié le travail intellectuel de femmes et s’en sont attribué les mérites, jusqu’à parfois leur voler des Prix Nobel ? C’est l’effet Matilda.

Une conférence a également été organisée avec Susan Schneegans, éditrice en chef des Rapports de la Science de l’UNESCO. Avec elle, nous avons pu faire le constat de la sous-représentation globale des femmes dans le monde scientifique. Ce phénomène se renforce du côté des sciences expérimentales, des mathématiques ou encore de l’ingénierie. Cette dynamique s’observe également dans la hiérarchie universitaire, malgré une quasi parité au niveau du doctorat, le nombre de chercheuses reste très faible.

Elle a également souligné la sous-représentation des femmes dans les secteurs du numérique ou de l’intelligence artificielle, pourtant au cœur des bouleversements technologiques en cours. Cette sous-représentation crée des technologies et des services ne tenant pas compte des besoins des femmes et reproduisant des stéréotypes ou des discriminations sexistes.

Elle a également souligné la sous-représentation des femmes dans les secteurs du numérique ou de l’intelligence artificielle, pourtant au cœur des bouleversements technologiques en cours. Cette sous-représentation crée des technologies et des services ne tenant pas compte des besoins des femmes et reproduisant des stéréotypes ou des discriminations sexistes.

Et pour finir, nous sommes sortis des statistiques pour enrichir notre projet d’expériences personnelles. Nous avons recueilli et partagé des témoignages de quatre femmes scientifiques en vidéo : Anna Bernal (prise ici en photo), Maude Gallimard, Aline Bennasroune et Emmanuelle Gautherat (dont trois travaillent d’ailleurs à l’URCA, université partenaire du double-diplôme rémois !)

Est-ce que les femmes se sentent réellement écrasées dans ce milieu majoritairement masculin ? Est-ce que les maths sont pour les hommes, et la biologie pour les femmes ? Comment assurer une parité au moment du recrutement ?

Ces femmes nous expliquent leur ressenti, leur manière de se comporter pour se faire entendre et s’imposer face à leurs collègues masculins, la pression sociale qui est ressentie au moment de la maternité ayant comme conséquences le report, voire l’abandon, de grandes ambitions professionnelles.

Ce qui est certain, c’est que toutes semblent persuadées que le monde scientifique est sur la bonne voie, que les jeunes générations de femmes scientifiques s’imposent et ne se feront certainement plus prendre dans le piège de l’effet Matilda !

Article par Anouk Bassou, Nitarisoa Rakotovelo et Justine Babin