Femmes en Sciences – Paris

2–3 minutes

Dans le cadre de la Journée Internationale des filles et des femmes de science, l’association Scubasc s’est intéressée au rôle et à la condition des femmes au sein de la sphère scientifique. Nous avons eu le plaisir de recevoir trois femmes, d’âges, de professions et d’horizons différents qui nous ont partagé leur expérience lors d’une table ronde le 11 février 2022. 

La première invitée était Isabelle Gallagher. Aujourd’hui mathématicienne, Madame Gallagher s’est construit un parcours d’excellence : d’abord étudiante à polytechnique, elle travaille un temps pour le CNRS et est aujourd’hui professeure à l’université de Paris et à L’École Normale Supérieure. 

Nous avons aussi reçu Nathalie Westbrook. Après une thèse en physique, Madame Westbrook débute une carrière d’enseignante-chercheuse et est aujourd’hui professeure à l’Institut SupOptique où elle s’intéresse à l’interface entre biologie et physique dans le domaine de la médecine. Madame Westbrook est très engagée sur la thématique des femmes dans la science, notamment auprès de ses étudiants. Enfin, cette table ronde était complétée par Marie Vulliet, thésarde à l’Institut de Physique du Globe de Paris où elle s’intéresse à l’interface entre géophysiques et géosciences. 

La discussion s’est d’abord tournée vers l’orientation des jeunes filles dans des filières scientifiques. Isabelle Gallagher nous a informé sur les chiffres alarmants de la nouvelle réforme du baccalauréat. En effet, depuis cette réforme, la proportion d’élèves suivant un enseignement en mathématiques a diminué. Cette diminution est encore plus importante pour les filles, déjà minoritaires dans les enseignements de mathématiques. Nos invitées ont ensuite souligné la désaffection pour les sciences au fur et à mesure des études. Le Rapport Emmanuel Picart présente ces chiffres : les filles ne  représentent que 34% des élèves en classes préparatoires scientifiques, 29,5% des inscrits au concours de l’ENS et 17,2% des admis[1]. Cela peut s’expliquer par le manque de modèle féminin et la persistance des stéréotypes. 

Nous nous sommes ensuite questionnés sur la pertinence de certaines mesures présentées comme favorisant l’égalité hommes-femmes. Marie Vulliet nous a expliqué avoir été surprise lors de la participation à un colloque international par la présence de salle d’allaitement. Elle a souligné la bonne intention, mais a aussi fait remarquer que quand les hommes se déplacent pour le travail, ils le font sans enfant. Isabelle Gallagher nous a parlé du problème des quotas dans certains comités. En effet, étant très peu nombreuses dans le domaine des mathématiques, elles se sont retrouvées à être sursolicitées. 

Cette question des quotas est délicate. C’est parfois négatif et nos invités ont expliqué que cela fait sentir qu’on est là parce qu’on est une femme et non parce qu’on est compétente. Nous avons fini par conclure que c’était tout de même une solution « le temps que les choses changent ». 

Enfin, la table ronde s’est achevée sur l’importance d’avoir des femmes, et de la diversité de manière générale, dans la sphère scientifique et l’importance d’avoir des femmes pour que certains domaines d’études ne soient pas oubliés, en médecine notamment.

[1] http://lle.ens-lyon.fr/activites-du-lle/ateliers-exploratoires/ateliers_2016/competences%20efficacite%20strategie