Ce cours est réalisé par Antoine Chambert-Loir, chercheur en mathématiques de l’institut de mathématiques de Jussieu et professeur à l’Université Paris Cité, et par Olivier Martin, professeur de sociologie, directeur du CERLIS, le centre de recherche sur les liens sociaux du CNRS, de Sorbonne Nouvelle et de l’Université Paris Cité.
Par ces deux apports, on cherche en fait à dénaturaliser le nombre. Rien ne nous paraît plus “naturel” qu’un « 3 » , qu’un « 9,1 » ou qu’un « –29 » . Pourtant, ces éléments sont le fruit d’une histoire non linéaire, d’une construction progressive qui connait ses “crises” et qui est loin d’être détachée d’un contexte politique, social et économique. Le nombre permet en effet de faire société, de faire nation, ou simplement de faire. Comment penser le capitalisme sans une heure commune ? Comment penser l’unité de la France sans des mesures communes ? Comment continuer à construire les mathématiques sans définir formellement ses fondements “naturels” ? C’est toutes ces questions qui feront l’objet d’une exploration passionnante par les deux professeurs.
L’approche proposée s’appuie sur une suite de quatre verbes, correspondant à quatre utilités fondamentales auxquelles répondent les nombres : Représenter, Manipuler, Construire et Interpréter. En l’espace de 12 séances, tout au long du semestre, les étudiants découvrent en alternance les fondements mathématiques des nombres, de leur création jusqu’à leurs usages, ainsi que les impacts sociologiques qu’ont eu les nombres, de la Mésopotamie avec des exemples d’utilisation concrets comme la géométrie des cadastres, jusqu’à nos jours avec des unités de mesure toujours plus précis et des sciences toujours plus nécessiteuses de précision.
Le mode d’évaluation de ce cours est également particulier, il n’y a pas d’examen, mais un exposé de groupe résumant et analysant un texte ou un article scientifique, sur le modèle de l’étude réalisée durant le semestre.




